Violence conjugale lors de la période périnatale et parentalité 

La violence conjugale en période périnatale (VCPP) affecte grandement l’exercice de la parentalité et ses impacts négatifs répertoriés sur la santé et le bien-être sont importants. La période périnatale constitue une fenêtre d’opportunités pour agir en amont et en aval de la VC, tant par son identification que par la mise en place d’interventions ciblées.

Grâce au soutien du FRQSC (2017-2021), ce projet de recherche partenarial et multicentrique, La violence conjugale en période périnatale et la parentalité: documenter et comprendre, pour mieux intervenir et soutenir, a été réalisé en s’appuyant d’une méthodologie mixte alliant des données quantitatives (n=1264 mères) et qualitatives (n=17 mères, 6 pères et 42 professionnel.les). Son objectif principal était de bonifier les connaissances sur la VCPP et les stratégies d’interventions à déployer pour mieux soutenir les familles québécoises. 

Les résultats nous permettent de remarquer que la VCPP n’est pas un événement hors du commun. Au Québec, il est estimé qu’environ une mère d’un enfant âgé de 6 mois à 5 ans sur dix en est victime (10,9%). Aussi, certaines mères vivent plusieurs formes de VCPP simultanément. Plusieurs remarquent que tout au long de la période périnatale, la VCPP avait escaladé en prenant différentes formes et en engendrant des conséquences de plus en plus importantes pour elles et leur(s) enfant(s). La majorité des participantes ont eu plusieurs occasions de rencontrer des intervenant·e·s pendant la grossesse. Elles rapportent avoir souhaité que la VCPP soit plus directement abordée, que la continuité et l’accessibilité des services soient davantage assurées pour toutes, que ce soit pendant la relation de VC ou en situation de post-séparation. 

La grande majorité des intervenant·e·s. s’accorde pour dire que les suivis périnataux peuvent être l’occasion de repérer ou d’intervenir en VC, mais que la plupart du temps ce n’est pas le cas, faute d’outils, de protocoles, de formations ou de temps. Aussi les différences d’analyse quant à la VC et les impacts sur la parentalité semblent constituer des freins aux collaborations entre organismes. Des enjeux structurels s’ajoutent, dont des ressources financières insuffisantes et des ressources humaines instables.

Chercheures :

Sylvie Lévesque, département de sexologie, Université du Québec à Montréal (chercheure principale)

Marie-Ève Clément, département de psychoéducation et psychologie, Université du Québec en Outaouais

Mylène Fernet, département de sexologie, Université du Québec à Montréal

Geneviève Lessard, École de service social, Université de Laval

Nadia Giguère, CIUSSS Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal

Chantal Lavergne, Centre jeunesse de Montréal – Institut universitaire, Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal

Julie Poissant, département d’éducation et de formation spécialisées, Université du Québec à Montréal

Coordonnatrice du projet :

Carole Boulebsol, étudiante au doctorat, Université de Montréal

Partenaires du projet : 

Jasline Flores, Institut de la Statistique du Québec (ISQ)

Alena Valderrama, Centre Hospitalier Universitaire Sainte-Justine (CHU-SJ)

Rémi Bilodeau (du début du projet à octobre 2019) et André Tardif (de décembre 2019 à la fin du projet), À cœur d’homme

Louise Boucher (du début du projet à octobre 2018), Amélie Landry et Marie-Noëlle Angers (d’octobre 2018 à la fin du projet), Réseau des Centres de ressources périnatales du Québec (RCRPQ)

Monica Dunn, Table de concertation en violence conjugale de Montréal (TCVCM)

Julie Laforest, Institut national de santé publique du Québec (INSPQ)

Kathy Mathieu, Table Carrefour Violence conjugale Québec-Métro (TCVC Québec Métro)

Mylène Bigaouette, Fédération des maisons d’hébergement pour femmes

Maëcha Nault, Maison de naissance Côte-des-Neiges

Ce projet a été soutenu financièrement par le FRQSC et le MSSS dans le cadre du programme d’action concertée en violence conjugale